La vie est faite de contradictions. Alors qu'Elon Musk, le fondateur de Tesla, en a marre de la Bourse, qu'il le dit haut et fort et qu'il souhaite même en sortir, car il en a marre de la pression financière exercée par la Bourse sur sa société, il y a au même moment d'autres sociétés qui se félicitent d'être cotées en Bourse. C'est par exemple le cas de la marque Hermès qui, non contente de s'y retrouver, a en plus intégré l'indice CAC 40, c'est-à-dire l'indice de la Bourse de Paris.

Hermès, c'est bien entendu le luxe au plus haut niveau, et les derniers chiffres montrent que ce secteur du rêve se porte très bien. À tel point que si les Américains ont les GAFA (l'acronyme qui désigne les sociétés high-tech comme Google, Apple, Facebook et Amazon), les Français misent eux sur le luxe. Ils ont ce que les boursiers appellent le KHOL: pas le noir que les femmes mettent autour des yeux, mais l'acronyme de Kering, Hermès, L'Oréal et Louis Vuitton, autrement dit, les 4 grands groupes de luxe français et cotés à la Bourse de Paris.

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Alors qu'Elon Musk en a marre de la Bourse, d'autres se félicitent d'y être cotés.

C'est vrai que Bernard Arnault, le patron de LVMH, a raison de dire qu'il ne sait pas si Facebook sera encore là dans 100 ans mais le luxe, oui. Et le luxe, ça paie bien, très bien même. Les analystes financiers le savent bien, c'est là où se trouvent les plus belles marges. La marge d'Hermès pour le premier semestre 2017 était par exemple de 34%: je connais beaucoup de sociétés qui n'osent même pas rêver d'une marge pareille.

Mais ce qui est nouveau, c'est que même dans le luxe, il y a des différences. Depuis deux ans, le luxe est séparé en deux. La première division est constituée des marques comme Louis Vuitton, Gucci, Hermès, Chanel et qui, elles, ont des taux de croissances à deux chiffres. La deuxième division, avec des marques comme Burberry ou Prada, ne connaît qu'une croissance à un chiffre.

Il faut dire aussi que le luxe, c'est aussi une course à la taille et au chiffre d'affaires. C'est certainement le cas pour Louis Vuitton qui affichait 8,5 milliards d'euros de vente en 2017. C'est aussi le cas de Gucci qui vise à dépasser les 10 milliards d'euros. Et c'est aussi le cas de Chanel qui pour la première fois de son histoire a dévoilé ses chiffres, jusqu'à présent restés secrets. Et ces chiffres ne sont pas tristes non plus: Chanel affiche plus de 8 milliards d'euros de chiffres d'affaires.

Hermès, pour sa part, joue plutôt la carte de la taille moyenne. Ses dirigeants refusent d'entrer dans ce jeu de la taille, comme ils refusent d'ailleurs de séduire à tout prix la jeune génération, celle qu'on appelle les Millennials. Non pas qu'Hermès ne veut pas séduire les plus jeunes, mais pas au détriment de son savoir-faire et de l'intégrité du produit.

Bernard Arnault, l'homme le plus riche de France et fondateur du groupe LVMH, le leader mondial du luxe, rêve depuis des années d'acheter Hermès. Il n'y est jamais parvenu jusqu'à présent car le capital de cette société est verrouillé à double tour. Visiblement, cette indépendance d'esprit plait à la Bourse. Comme quoi la Bourse n'est pas toujours ingrate, comme le dit Elon Musk, le patron de Tesla...