Le conciliateur social a rejoint, peu avant 14h00, la table des négociations entre direction et syndicats de pilotes chez Brussels Airlines. Son arrivée, qui était en effet prévue initialement vers 17h00, est sans doute liée à la difficulté des discussions en cours, qui progressent très lentement, semble-t-il.

Les négociations avaient repris mercredi matin vers 10H00 entre direction et représentants des pilotes, dont une bonne partie fait donc grève ce mercredi, après en avoir déjà fait de même lundi. Les débats sont difficiles et ont apparemment peu progressé durant la matinée, si bien qu'il a été demandé au conciliateur social d'anticiper son arrivée à la table des négociations, lui qui y avait passé toute la journée lundi.

Plus tôt mercredi, Brussels Airlines avait qualifié de "substantielles" les propositions déposées sur la table. Il est notamment question d'une augmentation salariale de 2,5%, d'un intéressement aux résultats de la compagnie et d'avantages en nature (smartphone, voiture de société, cash supplémentaire, etc.). Les discussions de la matinée, très techniques selon les syndicats, se sont davantage concentrées sur un meilleur équilibre entre vies privée et professionnelle. Les pilotes, qui étaient une nouvelle fois nombreux mercredi matin devant le siège de Brussels Airlines, à Diegem, ont quitté les lieux depuis lors. Tout comme les quelques membres du personnel de cabine qui les avaient rejoints.

Lundi, les négociations, qui avaient duré de 09h00 à 20h00 et avaient été émaillées de propositions et contrepropositions, n'avaient pas abouti. "Il est important que nous arrivions à une solution", estime Kim Daenen, porte-parole de la compagnie. "Nous avons déposé une proposition sur la table lundi soir dont nous pensons qu'elle se rapproche vraiment des doléances des pilotes, avec beaucoup d'attention pour l'équilibre entre vies privée et professionnelle." Les débats vont se poursuivre ce mercredi.

"On parle bien de discussions. Ce n'est pas à prendre ou à laisser. Mais il faut rester dans le cadre qui a déjà été répété et arriver à une solution qui garantisse la croissance pour l'ensemble des 3.900 employés de l'entreprise", insiste la porte-parole. Du côté syndical, on laisse entendre que les discussions seront difficiles, comme elles l'ont été lundi. "Si l'on propose cela aux pilotes, ce sera un 'niet'", avait-on alors confié à la sortie des négociations. La CNE/LBC avait appelé son personnel navigant à également faire grève. Une partie des travailleurs affiliés au syndicat chrétien a ainsi rejoint le mouvement.

De nombreux pilotes grévistes sont, quant à eux, une nouvelle fois réunis devant le siège de l'entreprise Le conciliateur social rejoindra direction et syndicats en fin d'après-midi afin de voir où en sont les discussions. La situation est par ailleurs calme à l'aéroport, seuls quelques voyageurs étrangers n'étant pas au courant du mouvement de grève, indique-t-on chez Brussels Airlines. La compagnie ne constate en outre aucun effet de la manifestation nationale contre la politique fédérale sur les pensions sur le programme de vols, "qui est de toute façon très léger".

Le personnel de cabine affilié au syndicat chrétien demande aussi davantage de respect

Si les pilotes et la direction de Brussels Airlines aboutissent à un accord mercredi, cela ne signifiera pas nécessairement la fin du conflit social au sein de l'entreprise, qui connait mercredi son deuxième jour de grève en trois jours. Dans une lettre ouverte diffusée par la CNE/LBC, le personnel de cabine confie avoir "assez donné". Les stewards et hôtesses estiment qu'il est temps qu'ils bénéficient de davantage "de respect et de considération".

Plusieurs membres du personnel de cabine ont rejoint mercredi les pilotes grévistes réunis devant le siège de la compagnie aérienne, à Diegem. "Notre profession semble peut-être glamour car nous faisons le tour du monde et découvrons toutes sortes d'endroits et de cultures", lit-on dans le document diffusé par le syndicat chrétien mercredi et qui s'adresse aux passagers de la compagnie. "Tout comme les pilotes, nous ressentons le fait de 'voler' comme une passion et avons beaucoup d'amour pour notre métier. Mais ce travail a un prix élevé de nos jours."

Selon les membres d'équipage qui ont rédigé cette lettre, la charge de travail est devenue intenable et le paquet de tâches à effectuer est toujours plus grand. Les journées de travail durent de plus en plus longtemps et les conventions collectives de travail ne sont pas respectées. Le personnel déplore que la pression soit renforcée alors qu'il serait plus judicieux, selon lui, de permettre aux travailleurs de reprendre des forces afin d'affronter le futur.

"Nous sommes exténués", résument les auteurs du document, qui sont affiliés au syndicat chrétien. Tout comme les pilotes, ils demandent un travail faisable, un meilleur équilibre entre vies privée et professionnelle et des garanties sur le maintien de leur pouvoir d'achat. La lettre ouverte aborde enfin le sort du personnel au sol, qui mérite également davantage d'attention. Ces emplois sont en effet les plus menacés par l'intégration de Brussels Airlines au sein du groupe Eurowings.

Les autres syndicats s'étonnent par contre du jour choisi pour diffuser ce document, alors qu'ont justement lieu des négociations avec la direction pour trouver une solution au conflit social avec les pilotes. Dans une communication envoyée aux employés la compagnie, le Setca et la CGSLB, qui rejoignent en partie le message de la CNE, disent vouloir plutôt concentrer leur énergie dans la défense des conditions salariales et de travail et débuter des négociations sur ces points concernant le personnel au sol et de cabine. Ils souhaitent enfin rassurer les travailleurs en soulignant ne pas vouloir aboutir à un démantèlement de Brussels Airlines.