L'alimentation et les boissons sont plus chères en Belgique par rapport aux pays voisins à cause de l'accumulation de taxes, de redevances et du handicap salarial, analysent mardi Fevia, la fédération de l'industrie alimentaire belge, et BABM, l'Association belge des marques. Toutes deux réagissent au rapport annuel de l'Observatoire des prix, selon lequel il est plus intéressant de faire ses courses de supermarché en France, en Allemagne ou aux Pays-Bas.

Le différentiel de prix, défavorable à la Belgique, s'est même légèrement creusé entre 2012 et 2017, selon l'Observatoire. En 2017, dans un supermarché belge, le consommateur payait en moyenne 13,4% de plus qu'en Allemagne, 12,9% de plus qu'aux Pays-Bas et 9,1% de plus qu'en France.

Face à ce constat, les organisations Fevia et BABM soulignent que le handicap salarial réel pour les producteurs alimentaires belges s'élève à 17,5% par rapport aux pays voisins, même après le tax shift du gouvernement fédéral. Elles pointent également du doigt le handicap des coûts énergétiques et l'accumulation des taxes. "Ces handicaps signifient inévitablement que les prix sont plus élevés dans notre pays et que les achats transfrontaliers augmentent d'année en année", poursuit Chris Moris, directeur général de Fevia. "Grâce à notre qualité, notre innovation et notre diversité, nous compensons partiellement ces différences de prix mais, à long terme, nous sapons notre compétitivité."

Les marges bénéficiaires des producteurs continuent à baisser et les supermarchés sont également confrontés à des marges trop serrées, déplore encore la fédération de l'industrie alimentaire belge. "La Belgique est un petit marché où les coûts fixes tels que le marketing et l'innovation pèsent plus lourdement", renchérit Walter Gelens, CEO de BABM.