"On ne demande pas de nous croire les yeux fermés. On apportera les garanties de ce que nous affirmons aujourd'hui", a déclaré à Bruxelles Eric Trappier, PDG de Dassault Aviation, qui produit le Rafale.

L'avion de combat du groupe français est en compétition avec le F-35 de l'Américain Lockheed Martin, souvent présenté comme favori, et le Typhoon du consortium européen Eurofighter pour le remplacement des F-16 américains actuellement utilisés par l'armée de l'Air belge.

Il s'agit d'acheter un total de 34 nouveaux avions de combat pour remplacer les F-16 à compter de 2023, un marché estimé à 3,6 milliards d'euros.

Les Etats-Unis pour le F-35 et le Royaume-Uni (avec le soutien de l'Italie, de l'Espagne et de l'Allemagne) pour l'Eurofighter Typhoon doivent remettre mercredi leur "meilleure offre finale" à la Belgique en réponse à un appel d'offres lancé d'Etat à Etat.

La France s'est pour sa part distinguée en septembre de ses deux concurrents en proposant à la Belgique un partenariat comprenant, outre la fourniture des avions de combat, "une coopération approfondie" dans les domaines militaire et industriel.

Le ministre belge de la Défense Steven Vandeput (N-VA, nationalistes flamands) avait reproché à Paris d'avoir formulé son offre en dehors du cadre de l'appel d'offres, exposant selon lui son pays à "des poursuites judiciaires" de la part des concurrents si elle la prenait en compte. La France assure que son offre est sûre juridiquement.

"Très certainement, la France prend un risque", a concédé M. Trappier mardi. "La Belgique va-t-elle prendre en compte l'offre française ou non ? Le sujet n'est pas encore tranché, si j'ai bien compris".

Mais "la France a estimé qu'elle avait plus à proposer que ce qui était exprimé explicitement dans l'appel d'offre, trop limité", a-t-il ajouté.

Le gouvernement belge devrait arrêter son choix courant 2018.

M. Trappier était à Bruxelles pour signer "13 accords de coopération" avec des industriels belges, qui prendraient corps si l'offre française était choisie par la Belgique.

"Cette démarche s'inscrit sans ambiguïté dans le cadre de la construction d'une Europe de la Défense", a-t-il insisté.

Dassault valorise l'impact "économique et sociétal" de l'offre française à "au moins 20 milliards d'euros en 20 ans", ce qui permettrait de soutenir selon l'entreprise "plus de 5.000 emplois à haute valeur technologique".