"Le Canada sait qu'une voix européenne efficace sur la scène mondiale n'est pas que préférable, elle est essentielle", a plaidé M. Trudeau, premier dirigeant canadien en exercice à s'exprimer dans l'hémicycle strasbourgeois.

En proie au doute, l'UE est fortement ébranlée par le départ programmé du Royaume-Uni, le Brexit, ainsi que par l'élection aux Etats-Unis de Donald Trump, favorable au retrait britannique et qui semble prôner le protectionnisme.

"Nous devons choisir de diriger l'économie internationale et pas simplement être sujets à ses caprices", a déclaré M. Trudeau aux eurodéputés, se posant en allié de l'UE, "un modèle sans précédent de coopération pacifique".

"Si nous réussissons, le CETA peut devenir le modèle de tous les futurs accords commerciaux ambitieux. Sinon, il pourrait bien s'agir du dernier", a averti le Premier ministre libéral, qui considère cet accord comme l'un des "plus durables et progressistes au monde".

Calmer les 'anxiétés'

M. Trudeau a rencontré lundi à Washington Donald Trump, avec qui le ton est resté conciliant sur la question du libre-échange, malgré des divergences notamment sur l'immigration. Les Etats-Unis sont, de loin, le premier partenaire commercial du Canada.

"Mon message lundi à Washington est le même que mon message ici à Strasbourg: nous nous devons de travailler (...) pour créer des opportunités pour la classe moyenne", a fait valoir le Canadien.

Dans son discours, également tourné vers "les familles", il a tenté de calmer les "anxiétés" des opposants au CETA, qui le jugent anti-démocratique, trop favorable aux multinationales, léger sur l'environnement ou encore dangereux pour l'agriculture.

"Les gouvernements peuvent continuer de protéger leurs citoyens, protéger la main d'oeuvre, promouvoir les pratiques responsables en matière d'investissement, assurer la salubrité des aliments et la sécurité des consommateurs (...) assurer la bonne gestion de l'environnement", a promis M. Trudeau.

Avec le vote favorable du Parlement européen, le CETA n'attend plus que le feu vert, dans les prochaines semaines, du Parlement canadien pour pouvoir être appliqué de manière provisoire.

Une grande partie du texte entrera alors en vigueur, le temps qu'il soit ensuite ratifié par les 38 Parlements nationaux et régionaux de l'UE, un processus incertain qui prendra des années.

Le texte - appelé Accord économique et commercial global (AECG, en anglais CETA) - supprimera 99% des droits de douane. Présenté comme un modèle d'accord commercial, il prône également la coopération en matière sociale, sanitaire et environnementale.