"L'année 2018 n'a pas été facile, en particulier lors du dernier trimestre, qui a été très dur pour les marchés financiers", a d'emblée analysé Jos Clijsters, président du conseil d'administration de Belfius. Il évoque un contexte macroéconomique et géopolitique complexe.

Le résultat net consolidé avant impôts a atteint 867 millions d'euros. Après versement de l'impôt, il en est resté 649 millions d'euros. Belfius Banque y a contribué à hauteur de 444,5 millions d'euros tandis que la branche Assurances prend 204,5 millions à son compte. "C'est la 7e année consécutive que ce résultat net est en progression", se réjouit Marc Raisière, administrateur délégué. Le total des revenus s'est établi à 2,361 milliards d'euros, en légère hausse par rapport à 2017.

Un montant record d'17,5 milliards d'euros de financements à long terme a été accordé à l'économie belge, ce qui représente une hausse de 14% par rapport à 2017, se félicite l'entreprise. La croissance organique de l'épargne et des placements, de 3,5 milliards d'euros (+46%), n'a, elle, jamais été aussi élevée. L'encours des comptes à vue et épargne détenus par des clients particuliers a progressé de 8%, à 57,1 milliards d'euros.

La position de Belfius en tant que bancassureur se consolide par ailleurs année après année. Le montant des primes encaissées en Non-Vie a augmenté de 5% pour atteindre 704 millions d'euros, une croissance sensiblement supérieure à celle du marché, relève la banque. Les primes Vie enregistrent, pour leur part, une hausse de 15%, à 1,2 milliard d'euros.

Forte de ces résultats, Belfius va proposer le versement d'un dividende à l'Etat belge, actionnaire à 100%, d'un montant de 363 millions d'euros, équivalent à celui de l'an dernier.

2019, "pas le moment opportun" pour une privatisation partielle

Belfius ne croit pas que 2019 soit le bon moment pour une privatisation partielle de son actionnariat, aujourd'hui à 100% dans les mains de l'Etat belge. "Les conditions des marchés sont toujours volatiles. Les taux d'intérêt sont extrêmement faibles. Je ne crois donc pas que ce soit le moment opportun que d'à nouveau demander à préparer une IPO (Initial Public Offering, entrée en Bourse, NDLR) pour mai-juin", a ainsi confié vendredi Marc Raisière, administrateur délégué de la banque, lors de la présentation des résultats annuels de son entreprise.

Charles Michel en compagnie du CEO de Belfius, Marc Raisière.

Charles Michel en compagnie du CEO de Belfius, Marc Raisière. © DANN

Au mois de septembre dernier, "en bon père de famille", le gouvernement avait décidé de reporter cette privatisation partielle. "Le temps n'est pas encore venu et les garanties ne sont pas réunies", avait alors commenté le Premier ministre Charles Michel. Il avait évoqué la faiblesse persistante des taux de la Banque centrale européenne (BCE) et certains facteurs de volatilité, dont les tensions avec les Etats-Unis ou le Brexit.

Selon les journaux L'Echo et De Tijd, les turbulences enregistrées sur les marchés financiers avaient réduit la valeur de la banque de 10 à 15% en quelques mois, un rapport des banques d'affaires accompagnant son entrée en Bourse lui attribuant alors une valeur de 5 à 7 milliards d'euros, contre 6 à 8 milliards en avril. Quelques semaines plus tôt, le gouvernement s'était pourtant accordé pour mettre en Bourse 30% du capital de Belfius, une IPO couplée, politiquement, à une indemnisation des coopérants d'Arco, le holding financier du Mouvement ouvrier chrétien flamand emporté dans le naufrage de Dexia, soutenus par le CD&V.

"Je pense que ce fut une bonne décision de postposer", a reconnu Marc Raisière vendredi. "Les marchés actuels ne sont pas faits pour une IPO", a abondé Jos Clijsters, président du conseil d'administration de la banque. "Mais l'idée n'est pas oubliée. Elle est juste postposée", a-t-il glissé, maintenant sa volonté de mettre une partie des actions en Bourse lorsque les taux seront plus positifs. Quant au dossier Arco, la balle est dans le camp du gouvernement, a laissé entendre la direction de l'entreprise.