En incluant les dividendes versés par les sociétés aux actionnaires, cela correspond à un retour sur investissement de 11% par an. Il aura fallu rester stoïque: Wall Street a encore dévissé pendant plusieurs mois après la chute de la banque le 15 septembre 2008, avant de toucher le fond en mars 2009. Mais le S&P 500, qui représente les 500 plus grandes entreprises cotées à la Bourse de New York, a retrouvé le même niveau dès décembre 2010.

Et mis à part quelques trous d'air comme à l'été 2011, début 2016 ou en février cette année, il n'a depuis cessé de grimper. Il a même battu en août un record de longévité en évoluant sans plongeon de plus de 20% pendant plus de neuf ans. Après avoir frôlé le désastre pendant la crise, le secteur bancaire s'est aussi bien rétabli: l'indice qui le représente au sein du S&P 500 s'affiche en hausse d'environ 60% depuis septembre 2008. La croissance économique des Etats-Unis a longtemps été poussive. Mais les licenciements massifs et réductions drastiques des dépenses imposés pendant ou juste après la crise par les entreprises américaines pour rester la tête hors de l'eau leur ont servi par la suite à retrouver rapidement des bénéfices.

Grande réforme fiscale

Elles ont aussi largement profité du faible niveau des taux d'intérêt pour renégocier leurs dettes et ainsi assainir leurs finances, puis pour racheter leurs propres actions et ainsi faire mécaniquement monter leur prix en Bourse. La grande réforme fiscale mise en oeuvre par l'administration Trump a un peu plus renforcé leurs profits. La performance du S&P 500 vaut toutefois surtout pour les investisseurs américains.

Le gain est moindre par exemple pour les financiers britanniques qui auraient parié en 2008 sur la Bourse de New York dans la mesure où la livre sterling a depuis beaucoup perdu de sa valeur face au dollar. L'embellie de Wall Street a aussi surtout profité aux plus riches. Le nombre de ménages possédant des actions, directement ou via des fonds, était certes quasiment revenu en 2016 (51,9%) à son niveau d'avant la crise financière en 2007 (53,2%), selon la dernière étude de la Réserve fédérale des Etats-Unis sur les finances des ménages du pays.

Mais parmi ceux qui tentent leur chance à Wall Street, les plus fortunés ont été bien plus récompensés. La valeur médiane des placements boursiers des 10% des plus riches Américains est passée de 259.400 dollars en 2007 à 363.400 dollars en 2016 (+40%). Celle du coeur de la classe moyenne, qui a dû vendre ses actions ou les a vues baisser, est passée de 20.200 dollars à 15.000 dollars (-25%).