Créée en 1996, EcoPhos enregistre depuis maintenant une demi-douzaine d'années une forte croissance qui récompense le travail effectué depuis de nombreuses années par Mohamed Takhim, son fondateur, et tous ceux qui ont lui fait confiance. Il a, en effet, lancé EcoPhos alors qu'il n'était qu'étudiant (ingénieur procédé chimique et MBA à la Skema Business School à Paris). Mohamed Takhim a ainsi mis au point un procédé innovant de valorisation et purification des phosphates au départ de minerais pauvres. Une technologie écologique qui lui vaudra de se voir décerner la médaille d'or de chimie au salon Eurêka de Bruxelles en 1995, alors qu'il n'a pas encore 20 ans. L'année suivante, la start-up est lancée grâce à l'appui d'investisseurs qui lui font confiance et injectent le capital de départ.

Validation industrielle

Dans les années qui suivent, EcoPhos a amélioré la technologie et l'a validée industriellement. Un pari qui était loin d'être gagné au départ car le secteur des phosphates véhicule une culture industrielle classique et les opérateurs demandaient à voir si ce procédé séduisant sur papier fonctionnait dans la réalité. Une usine-pilote a donc été réalisée au Centre d'études et de recherche du groupe Solvay à Dombasle en France qui a convaincu les derniers sceptiques. D'autant que la technologie mise au point par EcoPhos est non seulement plus écologique mais également plus économique. Les usines nécessitant de lourds investissements, EcoPhos a construit sa stratégie de croissance selon deux axes : la vente de licences et la production en propre. Aujourd'hui, EcoPhos dispose de trois usines aux Pays-Bas (Rotterdam), en Bulgarie (Varna) et en France (Dunkerque). Une quatrième est en phase de finalisation en Inde dans l'Etat du Gujarat (Dahej) et sera opérationnelle dans le courant de 2020.

L'industrie des engrais constitue le premier débouché des phosphates (85%), le solde se répartissant entre l'alimentation animale, l'agro-alimentaire et l'industrie pharmaceutique. " Etant utilisés tant dans l'agriculture que l'élevage, les phosphates sont de plus en plus demandés à travers le monde, explique Sebastiaan Van Dooren, directeur financier. La demande en phosphate croît parallèlement à celle de la population mondiale. Avec la solution que nous avons développée, nous pouvons répondre pour partie à cette demande. " Une croissance qui se traduit également dans la progression qu'affiche EcoPhos. Le chiffre d'affaires d'une trentaine de millions d'euros en 2017 pour le siège social de Louvain-la-Neuve ne reflète qu' une partie de l'ensemble du groupe. " Les quartiers généraux regroupent les ressources humaines, l'IT, le juridique, les finances, etc., précise le directeur financier. Dans l'ensemble, le groupe emploie un peu moins de 300 personnes et a réalisé en 2017 un CA consolidé de 151 millions d'euros. "

Flexibilité technique

" EcoPhos est capable de fournir des solutions techniques qui vont permettre d'obtenir des produits de haute pureté, poursuit-il. Grâce à la flexibilité qu'offre notre procédé, nous pouvons utiliser des matières premières alternatives et peu chères et ainsi créer de la valeur ajoutée pour nos clients. Nous pouvons ainsi optimiser leurs projets. " Dorénavant bien implanté sur le marché des phosphates, le groupe néo-louvaniste entend poursuivre son développement avec la mise en route de ses propres unités de production et la commercialisation de son procédé en échange de revenus de licence, récoltant ainsi les fruits du procédé innovant mis au point par son fondateur.