Le 12 février dernier, 300 ouvriers de la FGTB avaient débrayé se sentant en insécurité en raison du maintien de la présence, au sein même de l'atelier montage, du travailleur incriminé. Ils avaient insisté auprès de la direction pour écarter le travailleur en question tant au niveau de ses prestations syndicales que du travail, obtenant finalement gain de cause. La grève avait dès lors cessé au lendemain de l'action nationale. Si le travail a pu reprendre, la CSC a, à son tour, décidé de bloquer l'entrée de l'entreprise d'armement herstalienne vendredi dernier, contestant la sanction prise envers son affilié-délégué.

La direction a rétorqué qu'il s'agissait "d'une mesure de sécurité pour notre affilé et non d'une sanction", souligne Béatrice Louviaux, permanente syndicale principale CSC Metea qui y voit surtout une atteinte à la liberté syndicale. Elle espère pouvoir entrer en contact avec la direction et refuse catégoriquement ce déplacement "non-concerté". Elle sollicite dès lors le retour du travailleur dans son atelier où il pourra également exercer son mandat, ou à tout le moins une décision négociée.

La CSC annonce par ailleurs qu'elle entamera des actions judiciaires pour calomnie et diffamation à l'encontre des collègues pour les raisons qui ont débouché sur l'altercation et l'actuel confit social. La situation s'est envenimée dans l'atelier début février lorsque le travailleur avait reçu un rapport négatif concernant sa productivité. Il estimait que la pièce incriminée n'était pas la sienne et qu'elle avait été sabotée par ses collègues. Une nouvelle assemblée générale est programmée mardi matin afin d'évaluer les suites à donner au mouvement.