Il a par ailleurs vanté une nouvelle envolée des ventes l'an dernier.

Huawei, deuxième fabricant mondial de smartphones et géant planétaire des infrastructures télécoms, enchaîne les coups durs dans les pays occidentaux, où s'avivent les suspicions d'espionnage et restrictions à son encontre, tandis que sa directrice financière a été arrêtée au Canada.

"Ils pensent qu'ils peuvent sans doute nous pénaliser avec ce brouhaha, qu'ils peuvent nous nuire. Mais nous avons une excellente réputation", a martelé Richard Yu, patron de la branche produits de consommation de Huawei.

Devant des journalistes à Pékin, il s'est indigné: "Certains politiciens s'efforcent de nous influencer, de nous freiner, mais nous résistons plutôt bien".

Signe de cette vigueur: Huawei a dévoilé jeudi à Pékin sa nouvelle génération de puces 5G pour smartphones, et devrait présenter ses nouveaux modèles de téléphones en février à Barcelone.

Huawei a écoulé l'an passé quelque 206 millions de smartphones dans le monde, un bond de 35%, et ses ventes de téléphones et autres appareils ont gonflé de 50% pour dépasser 52 milliards de dollars, selon M. Yu.

"Même si certains s'efforcent de freiner notre expansion, nous croissons plutôt bien", s'est-il réjoui. "Je ne suis peut-être pas assez modeste, mais je dirai que nous sommes les meilleurs."

De fait, à coups de milliards de dollars investis en recherche et développement, Huawei s'est imposé à l'échelle planétaire comme le grand rival du suédois Ericsson et du finlandais Nokia dans les infrastructures télécoms.

Mais le groupe fondé par un ex-ingénieur de l'armée chinoise, Ren Zhengfei, est soupçonné de poser un problème de sécurité nationale dans plusieurs pays dont les États-Unis, l'Australie, la Nouvelle Zélande et le Japon, qui lui ont interdit de bâtir un réseau internet ultrarapide 5G.

Arrestation au Canada

Renforçant ces craintes, un ex-directeur de Huawei a par ailleurs été arrêté en Pologne plus tôt en janvier, accusé d'espionnage au profit de Pékin.

D'autres pays européens s'alarment: Londres a exprimé sa "vive inquiétude" tandis que le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a évoqué mercredi des "risques sur la place de Huawei dans les réseaux centraux" télécoms.

Autre affaire, objet d'une vive querelle diplomatique entre Pékin et Ottawa: Meng Wanzhou, directrice financière de Huawei et fille de M. Ren, a été arrêtée début décembre au Canada à la demande de Washington, qui soupçonne son implication dans une fraude destinée à contourner les sanctions américaines contre l'Iran.

Alors que l'entreprise insiste volontiers sur son statut de groupe privé, Richard Yu a réaffirmé jeudi que Huawei n'avait jamais été sommé par les autorités chinoises de leur soumettre des informations, et que le groupe refuserait de s'y plier le cas échéant.

Huawei ne ménage pas sa peine pour tenter de prouver sa bonne foi et son innocuité: après avoir ouvert des laboratoires de test de ses équipements en Allemagne et au Royaume-Uni, en coopération avec les gouvernements locaux, il doit en ouvrir un à Bruxelles avant la fin du premier trimestre 2019.

Malgré les dénégations du groupe sur ses relations avec le gouvernement chinois, que penser de l'appui affiché et agressif de la diplomatie de Pékin à Huawei?

Richard Yu se contente d'éluder la question: "Ce n'est pas facile pour moi de répondre..."