Le Setca entend bien respecter la volonté de ses affiliés qui se sont prononcés contre à 95%, "et ne signera donc pas le projet de texte en l'état actuel". Fin décembre, la CGSLB avait également indiqué s'opposer aux propositions en l'état mais ne fermait pas la porte aux négociations.

"La direction souhaite faire table rase des systèmes de rémunération actuels et mettre en oeuvre un nouveau 'Reward Model' qui supprime les barèmes maison et ne valorisera plus autant l'ancienneté et l'expérience acquises au sein de Belfius", souligne encore le communiqué. Outre un "problème de démocratie sociale interne chez Belfius" et des "soucis récurrents de communication", le syndicat pointe notamment le souhait de la direction de mettre en place un plan d'économies "sous couvert d'une harmonisation salariale", pénalisant en priorité le personnel actuel, ainsi que le lien entre la hauteur des salaires et un système de "benchmark" de la fonction.

"Benchmark sur lequel nous n'avons aucun élément d'appréciation. Il s'agit d'un système dépourvu de critères de sélection et donc laissé à la seule appréciation de la direction quant aux paramètres qui seront pris en compte pour la comparaison salariale", redoute le Setca. En théorie, l'accord d'un syndicat est suffisant et permet donc au bancassureur, détenu par l'Etat, de mettre en oeuvre ses propositions.

La direction de Belfius espère dialoguer avec les syndicats de la politique salariale

Le rejet des syndicats socialiste et libéral de l'accord de principe sur la nouvelle politique salariale chez Belfius ne signifie pas la fin des discussions pour la direction. "Nous espérons que tous les syndicats resteront autour de la table pour élaborer l'accord de principe pour les conventions collectives de travail", a indiqué la porte-parole de Belfius Ulrike Pommée.

La nouvelle politique salariale chez Belfius n'a été approuvée que par le syndicat chrétien (LBC/CNE). Après le rejet de la CGSLB fin décembre, c'était au tour du Setca, mardi matin, d'annoncer son refus de signer le projet "Reward Model & Career@Belfius". En théorie, l'accord d'un syndicat est suffisant et permet donc au bancassureur, détenu par l'Etat, de mettre en oeuvre ses propositions, a confirmé Mme Pommée qui précise en outre que le syndicat chrétien est le plus important au conseil d'entreprise, représentant 50% du personnel. La direction espère toutefois que les deux autres syndicats ne vont pas claquer la porte. L'accord de principe n'est en définitive qu'un pas vers la nouvelle politique salariale. "Les grandes lignes sont fixées, mais elles doivent encore être concrétisées dans les CCT. Nous espérons que tous les syndicats se réuniront autour de la table." Belfius espère pouvoir signer les CCT pour la fin mars, voire début avril.