Si je résume à gros traits la situation des banques belges aujourd'hui, c'est clairement le secteur dont les effectifs sont en train de fondre comme neige au soleil. La faute à qui ? Mais, à la révolution numérique et au fait que les Belges se déplacent de moins en moins à leurs guichets de banque!

Febelfin, la fédération belge du secteur financier, le reconnait elle-même. Depuis 20 ans, les effectifs bancaires se réduisent à un rythme de 2% par an. Alors, jusqu'à présent, comme le secteur est assez riche, cela n'a pas provoqué de drames sociaux.

Ces dernières années, les personnes parties à la retraite ne sont pas remplacées ou alors, ce sont des plans de sortie assez généreux qui vont jusqu'à octroyer aux personnes licenciées l'équivalent de 80% de leur ancien salaire jusqu'à la pension, avec même la possibilité de pratiquer un autre métier en attendant si la personne concernée le souhaite.

Mais le protocole d'accord qui vient d'être signé entre le secteur bancaire et le secteur des soins de santé est infiniment plus original et plus intéressant. Il part du principe que pour éviter des licenciements secs, le mieux encore est de favoriser la mobilité entre un secteur en déclin, la banque, et le secteur des soins de santé qui, au contraire, est en pénurie d'emplois qualifiés et a toutes les peines à recruter.

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Les banquiers belges vont-ils se transformer en infirmiers ou en aide-soignants ?

Alors qu'on nous répète à l'infini qu'il va falloir nous former toute notre vie et que l'emploi à vie c'est fini, cette initiative du secteur bancaire est très originale puisqu'elle organise le transfert entre deux secteurs, l'un en sureffectif, et l'autre en pénurie.

Vous me direz qu'un employé de banque n'a pas la formation pour travailler dans le secteur médical ? Oui, c'est vrai en partie, mais le secteur des soins de santé a signé un accord dans lequel il s'engage à entamer une formation d'infirmier ou d'aide-soignant à partir de septembre 2019. C'est déjà un premier pas. Une rémunération sera versée pendant le temps de cette formation. Elle sera prise en charge par le futur employeur avec l'aide du fonds social de formation pour le secteur de la santé.

Selon le secteur bancaire, cette idée n'est pas saugrenue, elle a été testée et il existe visiblement une demande pour changer de métier. D'ailleurs, le secteur bancaire ne compte pas se limiter à la mobilité vers les soins de santé, une négociation aura lieu bientôt avec le secteur de la logistique pour voir s'il n'y a pas des passerelles à établir. En tout cas, l'initiative est originale au point que nos confrères français du journal Le Monde y ont aussi consacré un article. C'est une superbe initiative qui va se répandre, je l'espère, à d'autres secteurs. Affaire à suivre donc,...