La société est à l'arrêt depuis le 20 novembre 2018 après l'annonce du plan financier entourant cette restructuration. Des négociations ont permis l'amélioration de ces conditions mais l'accord n'a pas encore été validé par la FGTB, une situation que dénonce la CNE qui craint une fermeture pure et simple de l'entreprise.

"A ce jour, la direction entretient encore des contacts informels avec les deux organisations syndicales. C'est pourquoi la CNE appelle chacun à bien mesurer les conséquences du pourrissement de la situation. L'ensemble du personnel risque de recevoir son préavis, sans plan social, et l'usine de fermer ses portes. La CNE ne peut cautionner une telle attitude et exhorte les 'jusqu'au boutistes' à prendre d'urgence la bonne décision", souligne Françoise Sensi, secrétaire permanente CNE.

Au sein du personnel ouvrier, qui représente 110 des 139 travailleurs de l'entreprise, des voix se font entendre pour une reprise du travail. Lors des négociations menées par les organisations syndicales, la direction a fait marche arrière sur de nombreuses propositions en ce compris le 14e mois qui sera maintenu mais à concurrence de quelque 50% par rapport à celui octroyé actuellement.

Les travailleurs devront par contre abandonner une prime de production et passer d'un régime de 36 à 37h/semaine sans compensation salariale. Cet accord doit encore être validé par la FGTB et la CNE, qui a donné son aval, craint que la direction n'envoie les premiers C4 voire se présente au tribunal de commerce pour faire aveu de faillite.

Keravalon, propriétaire de l'entreprise depuis mai 2018, avait annoncé une restructuration touchant 54 des 139 travailleurs. Au terme des négociations, ce chiffre a été ramené à 44. Le repreneur avait également annoncé des investissements de l'ordre d'un million d'euros et une réorganisation du travail après neuf exercices déficitaires.

Keravalon a obtenu de Bridgestone un contrat d'approvisionnement de 600 moules par an pendant 5 ans, ainsi qu'une recapitalisation de Mecamold à hauteur de 11,8 millions d'euros "en cas de transformation rapide des structures avec l'aide des travailleurs", avait précisé en juin Jérôme Gasquet, le nouveau directeur.