"La règlementation n'est pas respectée", s'insurge la mairie de Paris, rappelant la règle qui limite la location d'un logement à 120 jours par an et réclame d'avoir un numéro d'enregistrement.

La loi "Elan" de 2018, sur le logement et l'aménagement du territoire, prévoit que l'entreprise paye une amende de 12.500 euros pour chaque offre non conforme.

La mairie de Paris a saisi vendredi la justice en vertu de ces dispositions, selon des documents dont l'AFP a eu connaissance, confirmant une information du Journal du Dimanche.

"Les 31 agents assermentés" ont épluché les annonces "dans les arrondissements les plus touchés par la location" au centre de Paris (du 1er au 7e arrondissement et dans le 18e arrondissement), avec des logements loués à plus de 100 euros la nuit et plus de dix commentaires --preuve d'une mise en location régulière--, précise l'entourage de la maire de Paris Anne Hidalgo.

Au total, "1.000 annonces" qui n'avaient pas de numéro d'enregistrement, ont été répertoriées.

"Pas de l'économie de partage, mais de la prédation"

Sollicité par l'AFP, Airbnb a assuré avoir "déjà mis en oeuvre des mesures adaptées" afin "d'aider les hôtes parisiens à louer leur logement en conformité avec les règles applicables, et ce dans le respect de la réglementation européenne".

Mais "nous maintenons que la réglementation mise en place à Paris" est "inefficace, disproportionnée, et contraire à la réglementation européenne", ajoute l'entreprise qui espère "pouvoir travailler avec tous les acteurs concernés à des solutions réellement adaptées aux villes françaises et à leurs habitants".

Anne Hidalgo a confié à l'AFP qu'elle "ne souhaite pas que Paris se retrouve dans la situation de Venise ou Barcelone, où la population s'élève contre les visiteurs". Or pour la maire de Paris, actuellement "ce n'est pas de l'économie de partage mais de la prédation, pas de l'artisanat mais de l'industrie lourde".

En septembre 2018, l'adjoint au logement de la ville de Paris, Ian Brossat (communiste), proche de Mme Hidalgo, avait demandé "l'interdiction de location d'appartements entiers via Airbnb dans les quatre premiers arrondissements" situés près de sites touristiques comme Notre-Dame-de-Paris, le Louvre ou l'Opéra.

Selon les derniers chiffres de la mairie, "26.000 logements", mis en ligne sur Airbnb il y a quelques mois, ont disparu de la location classique dans le centre de la capitale française.

En outre, la population de Paris diminue depuis plusieurs mois, particulièrement dans les quartiers visés, selon des études de la mairie de Paris.