"Le système de production d'électricité est sévèrement perturbé, c'est pourquoi nous sommes contraints de procéder à des délestages de niveau 4", a déclaré à l'AFP un porte-parole de la compagnie, Khulu Phasiwe.

Dans la terminologie d'Eskom, le niveau 4, qui n'avait pas été appliqué depuis près de cinq ans, signifie une réduction de 4.000 mégawatts de la puissance produite.

"Depuis ce matin (lundi), nous avons perdu six nouvelles unités de production, ce qui a encore accru la charge qui pèse sur le réseau", a expliqué M. Phasiwe.

Eskom a procédé depuis décembre à plusieurs délestages.

Le groupe symbolise à lui seul la situation catastrophique de la plupart des entreprises publiques du pays.

Victime de mauvaise gestion et des pillages de fonds publics qui ont caractérisé le règne de l'ex-président Jacob Zuma (2009-2018), le groupe public affiche une dette abyssale de 419 milliards de rands (plus de 27 milliards d'euros).

Le président Cyril Ramaphosa a dévoilé la semaine dernière les grandes lignes d'un plan de sauvetage d'Eskom qui prévoit sa séparation en trois entités distinctes.

"Eskom est en crise et fait peser un grand risque sur toute l'Afrique du Sud", a justifié M. Ramaphosa.

Dans une note publiée lundi, Moody's a salué ce plan qui "va améliorer la transparence du groupe". "Mais il ne permet pas, en l'état, de répondre aux défis financiers d'Eskom", a ajouté l'agence de notation.

A trois mois des élections générales du 8 mai, le principal parti d'opposition, l'Alliance démocratique (DA), a exigé un débat urgent au Parlement sur la situation d'Eskom, qualifiée de "principale crise" qui menace le pays.

Eskom fournit 90% de l'électricité produite en Afrique du Sud, pour l'essentiel avec des centrales à charbon.