Tel est le point de vue qu'a partagé vendredi l'European Cockpit Association (ECA), qui représente les pilotes européens dans le secteur aéronautique. Cette mesure est d'ailleurs perçue par certains comme une punition pour les actions de grève menées ces dernières semaines par les pilotes et le personnel de cabine.

La fermeture des bases d'Eindhoven (Pays-Bas) et de Brême (Allemagne) et la réduction de la flotte de celle de Niederrhein (Düsseldorf, également en Allemagne) "exacerbent sérieusement la récente détérioration des relations entre la compagnie aérienne, ses pilotes et son personnel de cabine", s'inquiète l'ECA, qui qualifie la démarche de la direction de Ryanair d'"agressive".

L'association, dont les membres se sont réunis cette semaine à Vienne et dont fait notamment partie la Belgian Cockpit Association (BeCA), demande "le retrait immédiat" de ces mesures. Elle appelle la compagnie et son conseil d'administration à modifier leur approche "conflictuelle et contre-productive".

"Il est difficile de voir comment Ryanair peut, de manière réaliste, espérer conclure des accords avec ses syndicats avec de telles menaces en suspens", estime-t-elle.

L'association de pilotes allemande Vereinigung Cockpit critique ces fermetures et réduction, qui obligent les pilotes et les équipages de cabine à déménager ou à perdre leur emploi. "Ce n'est certainement pas ce dont nous avons besoin pour établir la confiance et une base solide pour des négociations constructives", affirme-t-elle. A ses yeux, un tel comportement est inutile si Ryanair veut véritablement conclure des accords d'ici Noël.

"Fermer une base et déplacer vos employés dans un autre pays n'est pas compatible avec le dialogue social", abonde le groupement de pilotes néerlandais VNV, qui considère cela "comme une déclaration de guerre et totalement contraire à toute prétention de vouloir négocier".

Dix-sept pilotes ont d'ailleurs intenté vendredi une action en référé contre la décision de Ryanair de fermer la base d'Eindhoven le mois prochain. Les quatre avions qui y sont actuellement stationnés ne le seront plus à partir du 5 novembre et les vols à destination et en provenance de la ville néerlandaise seront opérés à partir de l'étranger.

Les pilotes espèrent que le juge interdira leur transfert à l'étranger, explique leur avocat. Le tribunal de Den Bosch devrait se prononcer la semaine prochaine.

Ryanair avait annoncé cette fermeture de bases le 1er octobre dernier, tout en communiquant une baisse de ses objectifs financiers en raison de l'impact des grèves en Europe.