Fin 2017, le secteur de la construction représentait 320.000 emplois, soit 30.000 de plus qu'en 2012. Cependant, derrière cette expansion se cachent deux mouvements opposés. Le nombre d'ouvriers détachés (étrangers) a plus que doublé sur cette période, à presque 76.000. Les travailleurs indépendants (en occupation principale) sont également considérablement plus nombreux: ils sont près de 47.000.

Dans le même temps, les ouvriers salariés sont passés de 172.000 à un peu moins de 150.000. Leur part dans le secteur n'est dès lors plus que de 46,6%. "Les entreprises de construction employant du personnel belge doivent faire face à des coûts de main-d'oeuvre élevés, à une législation du travail stricte, à des délais de préavis longs et à une grave pénurie de candidats pour pourvoir leurs postes", explique Jean-Pierre Waeytens, de la fédération flamande de PME Bouwunie.

"Concurrence déloyale"

Il constate "beaucoup de concurrence déloyale". "Depuis des années, nous sommes envahis par des étrangers bon marché (avec le statut de détachés) et, récemment aussi, par des personnes exerçant une activité complémentaire (stimulée fiscalement, via les 500 euros défiscalisés, ndlr)." Pour toutes ces raisons, les entreprises de construction souhaiteraient davantage recourir à des indépendants, indique-t-on à la Bouwunie, qui demande un ajustement de la loi sur les relations de travail.