Des représentants de la Chambre des Communes se sont rendus lundi à Bruxelles pour explorer, avec l'exécutif européen, des voies pour sortir de l'impasse actuelle après le rejet par le parlement britannique de l'accord de retrait négocié avec l'UE par leur Première ministre Theresa May.

"La réunion a confirmé que l'UE avait bien fait d'entamer ses préparatifs en vue d'un accord sans accord", a lancé sur Twitter le secrétaire général de la Commission, Martin Selmayr, qui réagissait à un résumé de la rencontre par un journaliste sur le réseau social.

A l'issue de cette réunion de plus d'une heure et demie, des responsables britanniques ont laissé entendre que Mme May pourrait être en mesure d'obtenir un feu vert de son parlement à un accord de divorce si l'UE acceptait des modifications "juridiquement contraignantes" du texte actuel.

La dirigeante britannique cherche à obtenir des modifications de la disposition la plus controversée du traité de retrait, appelée "filet de sécurité" ("backstop" en anglais), visant à éviter le retour d'une frontière physique entre l'Irlande du Nord britannique et la République d'Irlande.

"Du côté de l'UE, personne n'envisage" de rouvrir la négociation du traité de retrait, a assuré M. Selmayr, considéré comme le bras droit du président de la Commission Jean-Claude Juncker, après l'entretien avec la délégation britannique.

"Lorsqu'on leur a demandé si une assurance quelconque (concernant le "backstop", ndlr) aiderait à faire adopter l'accord de retrait par les Communes, les réponses des députés ont été... non concluantes", a-t-il ajouté, signifiant son pessimisme face à l'issue des tractations actuelles.

Le président travailliste de la commission parlementaire britannique sur le Brexit, Hilary Benn, a confirmé que sa visite à la Commission n'avait pas permis de percée.

M. Benn a indiqué avoir suggéré, à "titre personnel", de pouvoir reporter la date du Brexit, prévu le 29 mars, afin de pouvoir avancer dans la négociation de la relation post-Brexit entre l'UE et le Royaume-Uni.

La suggestion a été reçue "avec courtoisie", a estimé le député travailliste devant des journalistes, tout en ajoutant que l'UE attendait, avant de se prononcer sur cette question, de recevoir une demande formelle de report de la part de Londres.