"Je ne pense pas que l'Union européenne va changer sa position fondamentale sur le backstop", a déclaré M. Hammond à la radio BBC depuis le Forum économique mondial de Davos, faisant référence à une disposition de l'accord destinée à empêcher le retour d'une frontière physique entre l'Irlande et la province britannique d'Irlande du Nord.

"Mais ce que me disent des responsables politiques et commentateurs ici à Davos, c'est qu'il y a un processus en cours pour réfléchir à l'emplacement des lignes rouges de l'Europe, doivent-elles vraiment être placées là où elles sont", a-t-il ajouté

Le 15 janvier, la Chambre des communes a rejeté à une écrasante majorité l'accord négocié par la Première ministre Theresa May avec Bruxelles, laissant le Royaume-Uni dans le flou à l'approche de la date de sortie prévue de l'UE, le 29 mars.

Cet accord déplaît tant aux europhiles qu'aux Brexiters, lesquels fustigent le "backstop" car il donnerait à l'Irlande du Nord un statut particulier, en la maintenant quasiment dans le marché unique.

Une situation inacceptable également pour la formation unioniste nord-irlandaise DUP, alliée indispensable de Mme May au Parlement, qui accuse cette disposition de menacer l'intégrité politique et économique du Royaume-Uni.

Selon Philip Hammond, de nombreux députés soutiendraient l'accord conclu avec Bruxelles si ce "filet de sécurité" était assorti d'une limite dans le temps, ou d'une garantie qui permettrait au Royaume-Uni d'en sortir dans certaines circonstances.

Le ministre a répété qu'une sortie de l'UE sans accord aurait des conséquences "extrêmement négatives" pour l'économie britannique.

Les députés voteront mardi sur une série d'amendements destinés à éviter un tel scénario, notamment en repoussant la date du Brexit si aucune majorité ne se dégage en faveur d'un accord.