"Alors que la position de la Commission est claire, nous attendons de voir ce que la Première ministre a à nous dire", a déclaré le porte-parole de la Commission Margaritis Schinas au cours du point de presse quotidien.

De son côté, le porte-parole de Mme May a affirmé qu'elle allait "informer le président de la Commission européenne des discussions qui se déroulent (au Royaume-Uni) et (voir) comment aller de l'avant", pendant son briefing quotidien avec les médias.

Il a ajouté que le chef du cabinet de la Première ministre, Gavin Barwell, s'était rendu à Bruxelles lundi pour discuter avec des responsables européens.

La question de la frontière irlandaise est le principal point de blocage entre Londres et l'UE.

La dirigeante britannique cherche à obtenir des modifications de la disposition du traité de retrait, appelée "filet de sécurité" ("backstop" en anglais), visant à éviter le rétablissement d'une frontière physique entre l'Irlande du Nord britannique et la République d'Irlande.

Mais à moins de deux mois du divorce, prévu pour le 29 mars, les responsables européens, dont M. Juncker, ont affirmé à maintes reprises que l'accord de retrait conclu en novembre entre l'UE et Mme May ne serait pas renégocié.

"Filet de sécurité"

"Du côté de l'UE, personne n'envisage" de rouvrir les négociations sur le traité de retrait, a encore assuré lundi Martin Selmayr, le secrétaire général de la Commission, qui est considéré comme le bras droit de M. Juncker, après une rencontre avec une délégation de députés britanniques.

Interrogé sur le point de savoir si Mme May irait à Bruxelles avec de nouvelles propositions, le porte-parole a botté en touche mardi, déclarant qu'il ne voulait rien "anticiper".

La veille de la visite de Mme May, Jean-Claude Juncker et Donald Tusk, le président du Conseil européen, s'entretiendront avec le Premier ministre irlandais Leo Varadkar.

Le "filet de sécurité" est une mesure activable en dernier recours. Elle prévoit que le Royaume-Uni resterait dans une union douanière avec l'UE, et l'Irlande du Nord dans le marché unique pour les biens, afin d'éviter des contrôles douaniers et règlementaires physiques, si aucune autre solution n'est trouvée au cours des négociations sur la future relation entre Londres et l'UE.

L'accord de retrait qui contient ce "backstop" approuvé en novembre par Theresa May et les dirigeants des 27 autres États membres de l'UE a été massivement rejeté en janvier par les députés britanniques.