Le Fonds monétaire international, qui a effectué cette semaine à Athènes sa première mission de surveillance "post programme", observe que la croissance et les créations d'emplois vont s'accélérer encore cette année mais il relève de nombreux "risques" susceptibles de compromettre l'amélioration de la situation économique du pays.

La Grèce est sortie le 20 août des programmes de redressement dictés depuis 2010 par la zone euro et le FMI en échange de prêts d'un total de 289 milliards d'euros. Le pays, qui a perdu dans cette crise près d'un quart de son produit intérieur brut (PIB), avait renoué avec la croissance en 2017.

La croissance devrait atteindre 2,4% cette année après 2,1% estimée pour 2018, selon les dernières projections de l'institution de Washington.

"Pour maintenir le rythme de croissance, les efforts de réformes devraient se focaliser sur l'augmentation de la productivité et la réduction des vulnérabilités" de l'économie, recommande le FMI dans un communiqué publié à l'issue de la mission.

Le Fonds dresse la liste de ce que doivent être les priorités de la politique grecque: abaisser les impôts directs, augmenter l'investissement public, cibler les dépenses sociales, renforcer la flexibilité du marché du travail et accélérer l'assainissement des comptes des banques. En dépit de deux recapitalisations, le système bancaire peine en particulier à se libérer du boulet des créances douteuses accumulées depuis huit ans.

"Ceci permettra de compenser l'intensification des risques", commente l'institution, qui pointe du doigt le haut niveau de la dette et "la faible culture du paiement" de ses dettes. "Dans ce contexte, les risques externes (tels qu'un potentiel renforcement des conditions financières ou un ralentissement du commerce mondial) pourraient affecter les exportations et la croissance", a-t-elle ajouté.

Le FMI souligne que les missions de surveillance après un programme ont pour objectif de mettre en exergue les vulnérabilités de l'économie du pays et les risques sur sa capacité à rembourser l'institution.

La mission effectuée cette semaine a été faite en coordination avec la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le Mécanisme européen de stabilité.