Quelque 2.000 chômeurs sélectionnés pour participer à l'étude ont perçu en 2017 et 2018 un revenu forfaitaire mensuel de 560 euros, sans conditions préalables, en remplacement de leur indemnité chômage.

A ce revenu s'ajoutaient d'éventuelles allocations familiales, ainsi que le revenu du travail, salarié ou indépendant, en cas de retour à l'emploi.

"Les bénéficiaires du revenu de base se sont révélés ni meilleurs ni moins bons que le groupe de contrôle à trouver un emploi", a indiqué Ohto Kanninen, responsable de recherche à l'Institut du travail pour la recherche économique.

En revanche, ils "présentaient moins de symptômes de stress, moins de difficultés de concentration et moins de problèmes de santé", selon Minna Ylikännö, de la Sécurité sociale finlandaise, Kela.

"Ils exprimaient également davantage de confiance dans leur avenir", a-t-elle ajouté dans un communiqué.

Le système actuel est jugé bureaucratique et pénalisant pour les demandeurs d'emploi qui perdent leurs indemnités au prorata de leur activité, y compris dans le cas de contrats très courts et peu rémunérateurs.

"J'ai pu accepter toutes les missions que l'on m'offrait" pendant les deux ans qu'a duré l'étude, a confié à l'AFP un participant, le journaliste Tuomas Muraja. "Avant c'était plus difficile parce que je devais systématiquement calculer ce que j'allais gagner", entre le supplément de revenu et la perte d'indemnité chômage.

Parfois présenté comme "universel", le revenu de base finlandais s'apparente moins à un revenu de subsistance qu'à un complément d'incitation au retour à l'emploi, comme en France l'ancien Revenu de solidarité active (RSA d'activité).

Le ministre finlandais des Affaires sociales, Pirkko Mattila, a souligné vendredi que si la Finlande n'avait nullement l'intention d'introduire un revenu de base universel, les conclusions de cette étude devaient servir à "réformer notre modèle d'assurance sociale, prochaine réforme majeure".

La Finlande, pays de la zone euro, se relève peu à peu de quatre années de marasme qui ont fait exploser son taux de chômage. En décrue régulière, celui-ci est passé en décembre sous la barre des 7%, à deux mois des élections législatives d'avril.

Le gouvernement pro-austérité du centriste Juha Sipilä a promu le revenu de base expérimental comme un moyen de stimuler l'emploi, mais ses détracteurs craignent qu'il ne s'en serve pour réduire le volume général des prestations sociales.