"J'envisage sérieusement de me présenter à la présidentielle", a déclaré M. Schultz, âgé de 65 ans, dimanche soir dans l'émission télévisée "60 minutes" sur CBS. Se présentant comme "un démocrate de toujours", il a précisé qu'il se présenterait "en tant que centriste indépendant hors du système bipartisan".

"Nous vivons une période des plus incertaines", a-t-il poursuivi. Pour lui, M. Trump "n'est pas qualifié pour être président" et, en outre, républicains et démocrates "ne font jamais ce qui est nécessaire pour le peuple américain et se consacrent, chaque jour, à une politique revancharde".

Les deux partis sont responsables du gonflement à 21.500 milliards de dollars de la dette souveraine du pays, a-t-il estimé, "un exemple dangereux" d'"échec envers leur responsabilité constitutionnelle".

M. Schultz a écarté les craintes de voir sa candidature favoriser une division du vote d'opposition et déboucher sur une réélection de M. Trump. "Je veux voir le peuple américain gagner. Je veux que l'Amérique gagne", a-t-il assuré.

Dans la vie politique américaine, les candidats se présentant hors des deux grandes formations à l'élection présidentielle, malgré les difficultés qu'ils doivent surmonter, sont souvent accusés de faire perdre le camp dont ils sont pourtant le plus proches.

En 1992, le milliardaire conservateur Ross Perot avait ainsi pris suffisamment de voix au républicain George H.W. Bush pour que le démocrate Bill Clinton soit élu. Et les démocrates incriminent l'avocat pourfendeur des lobbies Ralph Nader --qui s'en défend-- dans l'échec d'Al Gore en 2000 face au républicain George W. Bush.

M. Schultz a grandi dans un quartier populaire de New York puis a fait fortune en s'installant dans l'Etat de Washington (nord-ouest) dans les années 1980 et en bâtissant l'empire de la chaîne de cafés Starbucks.