L'Organe de règlement des différends (ORD) de l'Organisation mondiale du commerce a accepté de créer un panel d'experts (tribunal d'arbitrage) chargé d'examiner cette question à la demande de Pékin, a-t-on appris auprès d'un responsable commercial à Genève.

Le représentant de la Chine à l'OMC a déclaré lundi que les droits de douane imposés l'an dernier par l'administration du président américain, Donald Trump, étaient "une violation flagrante des obligations des Etats-Unis découlant des accords de l'OMC et constituent un défi systémique au commerce multilatéral".

Le représentant américain a qualifié de "totalement hypocrite" la demande chinoise d'enquête auprès de l'OMC en relevant les "droits de douane discriminatoires visant plus de 100 milliards de dollars d'exportations américaines" imposées par la Chine.

Il a jugé inutile la mise en place d'un tel panel puisque Pékin "a déjà décidé unilatéralement que les mesures américaines ne pouvaient pas se justifier et que la Chine a déjà imposé des taxes sur les biens américains" en représailles.

Au cours des derniers mois, l'OMC a mis en place d'autres panels, à la demande de nombreux pays, pour enquêter sur les droits de douane américains de 25% sur les importations d'acier et de 10% sur celles d'aluminium.

Ce nouvel épisode dans la guerre commerciale entre les deux géants économiques survient à la veille de l'ouverture cette semaine à Washington de négociations visant à tenter de dessiner les contours d'un accord.

Donald Trump avait consenti début décembre à enterrer provisoirement la hache de guerre avec Pékin en acceptant de suspendre jusqu'au 1er mars le passage de 10% à 25% des tarifs douaniers sur 200 milliards de dollars d'importations chinoises.

Les demandes de l'administration Trump sont claires: obtenir de la Chine qu'elle consente à des réformes structurelles, c'est-à-dire qu'elle change ses pratiques commerciales jugées déloyales, comme le transfert "forcé" de technologies et le "vol" de propriété intellectuelle.

Pour Washington, Pékin doit aussi réduire le colossal déficit commercial avec les Etats-Unis (plus de 375 milliards de dollars de biens en 2017), en ouvrant davantage son marché aux produits américains et en mettant fin aux subventions à ses entreprises.