L'Association européenne des constructeurs automobiles (ACEA) a immédiatement fait part de ses "inquiétudes" face à des objectifs "très ambitieux" qui, selon elle, ignorent le manque d'infrastructures nécessaires pour assurer le développement de technologies alternatives au moteur à combustion.

Selon les termes de cet accord, qui doit encore être validé par le Parlement réuni en session plénière et les 28 Etats membres, les poids lourds devront réduire leurs émissions de 15% d'ici 2025 et de 30% d'ici 2030 par rapport aux niveaux de 2019, rapporte la présidente de la commission Transport du Parlement, Karima Delli, dans un communiqué.

Sont également incluses dans le règlement des "incitations à la production de véhicules à faibles émissions et à émissions nulles, afin d'encourager l'industrie automobile à participer au changement grâce aux progrès technologiques", explique l'eurodéputée Verts.

Ces objectifs vont un peu plus loin que la proposition initiale de la Commission européenne. Le commissaire en charge, Miguel Arias Canete, a salué ces nouvelles dispositions. "Nous complétons le cadre (législatif) pour atteindre la cible européenne de réduction des émissions de gaz à effet de serre d'au moins 40% d'ici 2030", a-t-il souligné.

Jusqu'à présent, l'UE s'était fixée des objectifs de réduction pour les véhicules légers mais jamais pour les poids lourds, qui produisent environ un quart des émissions de CO2 du transport routier (et 6% des émissions totales de CO2 de l'UE).

"Après 20 ans où peu de progrès ont été faits en matière d'efficacité du carburant, les constructeurs de poids lourds doivent maintenant commencer à proposer des camions à émissions faibles et à bon prix, afin de permettre d'énormes économies de carburants pour l'industrie européenne du fret", a estimé Stef Cornelis, de l'ONG Transport & Environnement.

Selon les estimations de cette ONG, les nouveaux objectifs permettront d'économiser 20.000 euros de carburants pour un camion dans les cinq premières années, puis dès 2030 60.000 euros sur les cinq années suivantes.

Mais pour le secrétaire général de l'ACEA Erik Jonnaert, il ne faut "pas s'attendre à ce que les opérateurs de transport commencent soudainement à acheter des camions électriques ou d'autres camions à propulsion alternative s'il n'y a pas d'argument commercial en leur faveur et s'il n'est pas possible de recharger facilement les véhicules sur toutes les grandes autoroutes européennes".

L'ACEA s'est dite également "extrêmement inquiète que de nombreuses mesures de soutien qui pourraient aider à atteindre les objectifs ont été différées au moins jusqu'en 2025".