"Les pouvoirs publics et les responsables politiques ont provoqué une polarisation extrême entre les organisations syndicales représentant les travailleurs salariés et celles représentant le patronat. Par conséquent, ces organisations ne sont pas près de parvenir à un accord salarial", déplore encore l'organisation qui estime que les syndicats "doivent cibler unanimement les pouvoirs publics".

Le SNI fait référence, au sein de ce débat sur les accords salariaux, à la hausse de l'impôt des personnes physiques et aux charges salariales trop élevées. La Belgique, avec un coût moyen du travail de 39,60 euros de l'heure, "occupe toujours une place scandaleuse sur le podium des pays les plus chers en matière de coûts du travail", ce qui a un impact (négatif) sur les plus petits employeurs, a déclaré Christine Mattheeuws, la présidente du SNI.

Sur le même ton, le Syndicat des indépendants et des PME (SDI) s'inquiète des actions de blocage annoncées. "En effet, un grand nombre d'indépendants, de commerçants et de PME risquent d'être injustement touchés par un mouvement dont ils ne sont pas responsables."

Perte de chiffre d'affaires pour les commerçants

Une grève nationale entraîne non seulement une perte de chiffre d'affaires importante pour les commerçants, mais aussi une baisse de production et de rentabilité des entreprises, souligne le SDI qui ajoute que des alternatives mieux ciblées existent (sur les membres de l'exécutif, envoi de mails et de SMS, pétitions, campagnes médiatiques, utilisation des réseaux sociaux, ...).

L'union wallonne des entreprises fustige également les mouvements de grève de mercredi, "qui s'annoncent plus prononcés en Wallonie qu'en Flandre et qui donc pénalisent à nouveau notre Région, qui a pourtant besoin de tous ses atouts pour augmenter son taux d'emploi".

L'organisation répète "respecter le droit de manifester ou de faire grève, mais rappelle que ce droit est limité par le droit de circuler et de travailler". Elle invite donc bourgmestres et gouverneurs à faire respecter la loi, en interdisant les blocages des ronds-points et des accès aux zonings et aux entreprises. "Les entreprises wallonnes ainsi que les citoyens ne doivent pas être pris en otage. Des sanctions pénales et civiles doivent être appliquées en cas de détérioration des infrastructures publiques et des propriétés privées", estime-t-elle.