"Le Brexit met fin au 'rabais' britannique, mais aussi au 'rabais sur le rabais' dont bénéficiaient aussi certains contributeurs nets, dont l'Allemagne", relève ce groupe de réflexion marqué à gauche et pro-européen.

Terra Nova rappelle que "le Royaume-Uni a traditionnellement joué le rôle d'aiguillon des contributeurs nets pour demander le plafonnement du budget (européen) à 1% du revenu national brut" et estime qu'avec le départ de Londres, "l'Allemagne perd son meilleur allié".

Les rabais sont consentis à certains Etats sur la base de la différence entre ce qu'ils versent à l'UE et ce qu'ils en perçoivent.

Le départ du Royaume-Uni va rebattre les cartes entre Etats contributeurs et bénéficiaires, alors qu'aujourd'hui, les "deux tiers de cette redistribution est assurée par trois États membres (Allemagne, Royaume-Uni et France) et les deux tiers de ces fonds ainsi redistribués vont à cinq États membres (Pologne, Grèce, Hongrie, Roumanie, et République tchèque)".

Selon Terra Nova, "la prise en charge de la contribution britannique par les autres États membres imposera de revoir les principes de financements de l'UE".

Risque de paralysie

En effet, soit "le volume du budget diminue pour tenir compte de la perte des ressources britanniques" et il y a un risque de "paralysie" des discussions budgétaires, alors qu'il est "hautement improbable" que l'Allemagne et la France soient prêtes à compenser cette perte.

Pour sortir par le haut de la crise provoquée par le Brexit, il faut donc que l'UE "trouve de nouvelles ressources propres qui ne reposent pas sur des transferts budgétaires en provenance des États membres", selon le rapport intitulé "Budget européen 2021-2027: doter l'Europe des moyens de nos ambitions".

Pour Terra Nova, il est "indispensable de doter le budget de ressources qui le mettent à l'abri des marchandages comptables entre États membres".

Les domaines d'intervention communautaire à renforcer en priorité pour le cercle de réflexion sont notamment la recherche et développement technologique, la transition vers le bas carbone, ainsi que "la gestion commune des frontières, de l'asile et de la sécurité des citoyens".