La concertation bisannuelle entre patrons et syndicats au sein du Groupe des Dix est au point mort depuis le 22 janvier. Après seulement quelques jours de négociations, un accord semblait impossible. Les syndicats estiment une augmentation salariale de 0,8% hors indexation insuffisante pour les deux années à venir. Le patronat répète, lui, qu'il doit s'en tenir à la loi, qui détermine la marge maximale.

Face à cette "position rigide", les syndicats ont annoncé une grève nationale le 13 février. A la suite de cette interruption de dialogue, le gouvernement a prié les partenaires sociaux de poursuivre la concertation.

Mardi matin, les syndicats ont été reçus par le Premier ministre Charles Michel, le ministre de l'Emploi Kris Peeters et la ministre des Affaires sociales Maggie De Block. Dans l'après-midi, ce sera au tour du patronat. Le président de la FGTB, Robert Vertenueil, attend concrètement une ouverture de la marge au-delà de 0,8% et dans d'autres dossiers, comme celui des fins de carrière.

"Quand la loi est mauvaise, on change de loi. Le gouvernement a changé beaucoup de lois durant cette législature; il peut modifier celle-là aussi", a-t-il lancé mardi matin avant la réunion. "Une norme salariale de 0,8% est insuffisante. Le gouvernement doit amender la loi. Si nécessaire, par l'intermédiaire du Parlement. C'est une exigence légitime", a réagi dans le même sens Mario Coppens, président du syndicat libéral. Les chances de voir aboutir les négociations dépendent "des possibilités offertes par le gouvernement et les employeurs", a-t-il ajouté, parlant d'un "grand canyon" entre les positions des syndicats et le patronat.

"La loi actuelle rend la négociation impossible", a pour sa part mentionné Marc Leemans, le président de la CSC. "Si c'est revenir avec exactement les mêmes propositions qu'il y a quinze jours, alors ce n'est pas négocier évidemment. 'Négocier', ça veut dire faire un pas vers l'autre, et jusqu'à présent les organisations patronales n'ont pas fait de pas vers nous. Ils ont même reculé", estime encore M. Vertenueil.

Le ministre Peeters espère quant à lui que chacun prendra ses responsabilités, y compris les formations syndicales. "Mais l'ajustement de la loi n'est pas sur la table. Nous verrons bien", a-t-il lancé mardi matin. Quant à la grève du 13 février, pas de changement vu "les circonstances actuelles. Les insultes que la FEB a lancées à la face des travailleurs hier ne vont certainement pas faire baisser la mobilisation. Je suis extrêmement fâché. Nous avons eu la démonstration que les travailleurs n'ont aucune importance à leurs yeux; ce sont des kleenex que l'on jette quand on n'en a plus besoin et qui ne méritent aucun respect, selon eux", pointe le président de la FGTB.

La Fédération des entreprises de Belgique a présenté lundi son memorandum. Elle demandait notamment au prochain gouvernement, "idéalement", de supprimer le mécanisme d'indexation automatique des salaires.