L'enfer est pavé de bonnes intentions. C'est ce que doit se dire la direction de l'Agence France-Presse (AFP). Au départ, cette agence mondialement connue a juste publié un Tweet dans lequel elle montre un graphique qui indique les meilleurs moyens de réduire la pollution sur notre planète. Ce graphique n'est pas publié là par hasard : il vient juste après le dernier rapport - très alarmiste du GIEC chargé d'analyser l'évolution du climat.

Pour aider nos concitoyens à prendre conscience des enjeux liés au réchauffement climatique, l'AFP a eu la bonne idée de reprendre les conclusions d'une étude selon laquelle, si nous voulons réduire notre empreinte carbone, le meilleur moyen, ce n'est pas de changer d'ampoule, ni de renoncer à un vol transatlantique, mais d'avoir... un enfant en moins. Autrement dit, le message subliminal, c'est que procréer, c'est polluer. Avoir un enfant en moins, selon ce graphique, cela permet de diminuer les émissions globales de CO2 de 59 tonnes par an. Comme vous vous en doutez, pareil graphique a fait bondir les internautes. Les uns se disent que ce n'est certainement pas aux Européens à faire le premier pas, car nous sommes à peine au seuil de renouvellement. D'autres s'inquiètent que la vie humaine devienne juste une variable d'ajustement. D'autres, plus malicieux et relayés par mes confrères suisses du Temps, se demandent si être un tueur en série n'est pas la solution, car il réduit l'empreinte carbone. En fait, ce Tweet de l'AFP a au moins un mérite, c'est de rappeler qu'il existe de par le vaste monde, un mouvement qui propose de sauver notre planète en refusant d'avoir des enfants et d'adopter à la place. Le Temps rappelle qu'aux Etats-Unis, il y a des femmes qui font partie du mouvement Ginks - GINKS veut dire : Green Inclination, No Kids - et leur slogan est plus que clair : "si tu aimes tes enfants, ne les mets pas au monde, c'est une poubelle".

Bref, ce mouvement propose de réduire la population de 500 millions d'êtres humains d'ici à 2050. Diminuer le nombre d'enfants, c'est selon eux le meilleur moyen de sauver notre planète. Un éditorialiste du journal Le Temps se pose la question de savoir si c'est la bonne méthode, si elle n'est pas trop culpabilisante : après tout, accepter l'idée que procréer, c'est polluer, cela revient à dire que l'humain, nos frères humains sont des souillures, des égoïstes invétérés, et qu'en fait le problème, c'est l'Homme. Ah si seulement il pouvait n'avoir jamais été. Cet éditorialiste précise : "nos enfants ne seront ni des nuisances ni des tonnes de CO2. Ce seront des génies, des imbéciles, des artistes, des banquiers, des soldats, des migrants, des amants, des gentils et des méchants. Ce seront des femmes et des hommes qui, contre vents et marées, feront plus ou moins bien tout ce qu'ils peuvent pour aller de l'avant". Qu'en pensez-vous, procréer est-ce vraiment polluer ?