La Grande-Bretagne est en train de se suicider. Il n'y a pas d'autres mots pour qualifier le rejet de l'accord négocié entre le premier Ministre Theresa May et l'Union européenne.

Le pays entre dans une phase de très grande incertitude à cause de ce rejet massif par les députés britanniques. Le pire scénario serait de voir la Grande-Bretagne sans accord et donc avec un Brexit sauvage.

Il n'y a pas que les entreprises qui seraient durement affectées ; les citoyens également. Prenons le cas des voyages : sans accord avec l'Europe, ce sont d'anciens accords bilatéraux qui entreront à nouveau en vigueur, mais avec toutes les absurdités qui vont avec, selon Les Echos.

Exemple : la Grande-Bretagne a signé avant son entrée dans l'Union européenne un accord avec les Pays-Bas qui permet à tous les avions britanniques d'atterrir dans n'importe quel aéroport néerlandais et réciproquement. Mais en revanche, ce n'est pas le cas pour l'Espagne ou la France. Ce qui veut dire qu'un britannique pourra par exemple atterrir à Madrid mais pas à Barcelone ou à Paris mais pas à Nice, etc.

En cas de Brexit sauvage, les citoyens britanniques devront payer des frais téléphoniques et bancaires majorés s'ils sont à l'étranger, ils risquent aussi de perdre l'accès à certains services de streaming comme Netflix ou Spotify. Et les achats en ligne seront également plus élevés car ils n'auront plus droit à une TVA allégée. Ça, c'est pour les tracasseries quotidiennes, je ne parle même pas de l'impact économique sur le Royaume-Uni.

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La Grande-Bretagne est en train de se suicider. Il n'y a pas d'autres mots pour qualifier le rejet de l'accord négocié entre le premier Ministre Theresa May et l'Union européenne.

Mais il ne faudrait pas en conclure que cette affaire concerne uniquement les Britanniques, dans un monde globalisé comme le nôtre, voir votre voisin être malade et espérer qu'il ne vous contaminera pas est un leurre.

Le gouvernement en affaires courantes de Charles Michel est sur le pont.

L'université catholique de Leuven a calculé qu'un Brexit sans accord se traduirait par une perte de 28.000 emplois en Flandre.

Et sur les 25.000 entreprises belges qui entretiennent des relations commerciales avec la Grande-Bretagne, seulement 5000 d'entre elles sont prêtes pour un Brexit. C'est peu, trop peu. D'autant qu'une entreprise sur cinq est préparée aux formalités douanières qui seront instaurées en cas de Brexit sans accord.

C'est la raison pour laquelle fin de cette semaine, Le Vif rappelle que 20.000 entreprises belges vont recevoir un courrier leur indiquant les démarches à suivre en matière de douane.

Il faut juste espérer, et c'est un scénario plus que probable, que l'Union européenne va postposer l'échéance fatidique du 29 mars. Sauf miracle, la Grande-Bretagne n'aura pas encore résolu ses contradictions internes. Et personne ni à Londres ni à Bruxelles, au siège de la Commission européenne, n'a intérêt à ce que la Grande-Bretagne sombre dans le chaos.