Aline Gerard tutoie, pense qu'on mange trop et estime que le bio n'est pas une croyance mais une vérité. Stylisme culinaire, service traiteur, cours de cuisine... Ses journées sont aussi diversifiées que le contenu de ses placards et les recettes qu'elle publie avec une juste dose de spontanéité sur son blog culinaire.

Comment concilies-tu vie privée et vie professionnelle ?

Aline Gerard : C'est instinctif, même si je travaille à la maison. Chaque matin, je suis en joie de me retrouver dans mes petites affaires, mes bocaux en verre, ma vaisselle chinée. (Elle se lève de sa chaise pour nous montrer ses dernières trouvailles, des plats en feuilles de chou, NDLR.) Mon mari sert de cobaye pour goûter mes plats. Il me complimente un jour et me vexe le lendemain. Pas de chichis entre nous. Il a deux fils qui sont déjà grands mais nous n'avons pas d'enfants au quotidien chez nous. Notre appartement est un lieu dédié à la cuisine et aux moments entre amis.

Avec la généralisation et la multiplication du numérique, se déconnecter, tout le monde en parle. Et toi, t'offres-tu des moments hors ligne ?

AG : En réalité, je ne vois pas l'utilité de passer en mode hors ligne car je n'abuse pas du numérique. J'étais déjà sur Facebook. Je me suis ensuite inscrite sur Instagram par curiosité. J'ai alors pris conscience de l'impact de ces applications. Ce sont de véritables vecteurs de business et de puissants outils d'échanges. Aujourd'hui, les réseaux sociaux représentent une nécessité professionnelle. Je m'attelle donc à cette tâche quand je suis seule, pendant ma journée de travail. Le soir, c'est tout naturellement que je ne consulte pas mon téléphone.

La cuisinière Aline Gerard : "La recette est on ze blog, baby"

© Aline Gerard

Quel sommet professionnel souhaites-tu atteindre ?

AG : Publier un livre de cuisine ! C'est un projet qui me trotte dans la tête depuis longtemps. J'ai même déjà le titre : "La table d'Aline". Photographe de formation, j'utiliserai mes propres photos. Pour le reste, je me ferai aider par un ami graphiste. Le papier reste un support fort à mes yeux, mais la télé et la radio sont des médias qui m'ont également toujours attirée et inspirée. J'adorerais créer des petits modules, audios ou vidéos, pour présenter une recette par jour.

Comment t'habilles-tu pour travailler ?

AG : Je m'habille "en moi". Je déteste les uniformes. Je n'ai jamais porté de veste de cuisine, que je trouve lourde et épaisse. J'enfile une chemise dont je relève les manches et je fais une tresse dans mes cheveux.

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Le plus grand luxe ? Gagner moins pour vivre mieux

Quel est le plus grand luxe à tes yeux ?

AG : Gagner moins pour vivre mieux. C'est une décision que nous avons prise d'un commun accord avec mon mari. C'est la qualité des projets que nous choisissons de poursuivre et non la quantité de ceux-ci qui nous permet de nous épanouir.

Comment parviens-tu à retirer de la satisfaction de ton travail ?

AG : J'ai été cheffe dans plusieurs restaurants. C'était un métier lourd, physiquement et moralement, dont la routine a fini par me peser. Aujourd'hui, j'ai trouvé mon équilibre en créant un job à mon image. Je n'ai plus de patron. Ou plutôt j'en ai mille, dont moi-même.

Quelle est la meilleure leçon que t'a enseignée ta carrière ?

AG : Bien que je sois très sociable, je donne le meilleur de moi-même quand je suis seule. Il m'a fallu pas mal de temps et de ratés pour le comprendre. Aujourd'hui, je vise le "petit mais grand" pour créer un ensemble doux et cohérent.